Jean
Richard, propriétaire du cirque Pinder jusqu’en 1978, est mort le 12 décembre
dernier des suites d’un cancer à l’âge de 80 ans. Encensé par la presse
tant pour son talent de comédien (il avait incarné le Commissaire Maigret à
la télévision) que pour son « talent » de dresseur, il est devenu pendant
quelques jours une sorte de symbole de l’ami des animaux.En 1980, il reçoit le Grand Prix national du cirque, après avoir obtenu de
l'État la reconnaissance du cirque comme une activité culturelle à part
entière. En 1971, il était même administrateur d'une association
protectrice des animaux. Et pourtant, lorsqu'on lit son livre Mes bêtes à
moi, on est choqué de sa conception de l'animal.
JEAN RICHARD est en effet à l'origine du premier zoo privé d'Europe
avec l'ouverture en 1956 du zoo d'Ermenonville. Dans son livre, il nous
parle, sans aucune retenue, de ces animaux arrachés à leur milieu naturel pour
fournir les zoos et cirques français, nous livrant au passage quelques conseils
pour éviter les mauvaises affaires avec les trafiquants. Par contre, il
n'apporte aucune objection quant à la capture et à l'enfermement à vie de
ces animaux ayant évolué auparavant dans un monde libre et sauvage.
Sa première expérience de dressage se passe de commentaires : « Fourche et
fouet en main, je pénétrai dans le poulailler et je m'attaquai à un pauvre
coq, que je rendis furieux en trois séances de dressage en férocité. Il
fallut, non pas le tuer, mais l'abattre. Une vocation était née' »
D'autres témoignages sur les éléphants sont tout aussi évocateurs : «
Le lendemain, je les attendais de pied ferme, fouet en main, et ils arrivaient.
L'animal de tête marquait un temps d'arrêt avant d'entrer en piste. Il
me jaugeait de haut en bas et jetait un regard circulaire sur le chapiteau vide.
Il comprenait très vite que l'explication entre eux et moi, sans témoins,
allait être orageuse, et allègrement, ils pénétraient en piste. Résultat :
ils travaillaient comme des petits anges. Comment les punir '' C'était
parfait ! Et le soir, toutes lumières allumées, salle pleine, ils arrivaient
et faisaient n'importe quoi ! j'en ai même vu un entrer de dos' » Jean
Richard nous parle de punition, d'explication orageuse et pire encore,
d'absence de témoins ! Une absence qui définit le comportement de ces
mastodontes de plus de trois tonnes tétanisés à l'idée de subir la
correction du dompteur. Réaction de crainte que l'on retrouve à travers cet
autre témoignage : « J'ai vu le directeur Franz Althoff, qui possède le
plus grand groupe européen actuel, arrivant à quatre mètres de la tente de
ses quinze éléphants, se mettre à hurler en allemand. Immédiatement, les
quinze pachydermes commençaient à pisser (de peur)' »
UNE VIOLENCE D'ACTUALITÉ
Il est difficile, face à ces aveux ouverts, de ne pas se demander à quoi
ressemble aujourd'hui le dressage en France, surtout lorsque l'on sait que
Gilbert Edelstein ' PDG de l'actuel cirque Pinder, était l'assistant de
ce même Jean Richard.
Ces dernières années, de nouveaux scandales ont éclaté à travers le
monde concernant les violences constatées lors de dressage (par exemple, en août
dernier à San José aux États-Unis, le dompteur Gebel du cirque Ringling
Brothers and Barnum & Bailey a été surpris en train de frapper avec un
crochet pointu une femelle éléphant).
Ces mêmes violences se retrouvent à travers les témoignages de dresseurs français
tout au long du XX e siècle. Nous doutons par conséquent que le domptage français
actuel soit une exception, et qu'il suffirait d'une cacahuète pour mettre
un ours sur une trottinette (numéro présenté par Kid Bauer, dresseur) pendant
15 ans chez Pinder et filmé en caméra cachée par One Voice à Bourges en
novembre 2001), d'autant que les grands cirques français louent les services
de dompteurs étrangers' Jean Richard n'a donc eu aucun mérite dans son
activité de zoologue dresseur ; les animaux n'ont pu trouver en lui qu'un
geôlier, un esclavagiste et un commercial hors pair.
COMBATTRE, SANS RELÂCHE, CET ESCLAVAGE
Il nous faut continuer ensemble à informer le public mais aussi les mairies, les administrations ou les comités d'entreprises que soutenir un cirque avec animaux, c'est accepter une des dernières formes d'esclavage. Que payer pour rire d'une vie contrainte à la prison et à la soumission, c'est faire perdurer cette servitude, et que cela est inacceptable. Notre travail auprès des ministères et des institutions européennes ne peut porter ses fruits que si le public, de son côté, rejette cette exploitation et privilégie le cirque sans animaux. Les derniers chiffres font état de 150 cirques traditionnels (avec animaux) contre 350 cirques modernes (sans animaux), la tendance actuelle est donc plutôt positive en termes de nombre d'entreprises, mais la fréquentation par le public est inverse, les cirques traditionnels drainant 60 % du public, les petits cirques de villages 26 % et le cirque contemporain 14 %, selon une étude du ministère de la Culture de 1992.Franck
schrafstetter
Association One Voice
Orangs-outangs en voie d’extinction à cause de l’huile de palme !
De plus en plus utilisée en Europe par de grandes multinationales, l’exploitation d’huile de palme est à l’origine de la fragilisation et de la destruction de tout un écosystème en Indonésie.
Peaux de chats : Commerce et exportation interdits en Suisse suite à une pétition remise par la Fondation
L'interdiction de commercialiser et d'exporter des peaux de chats a été votée hier par les deux Chambres du Parlement suisse – le Conseil National et le Conseil des Etats.