
Avec l'arrivée à Reykjavik, en Islande, de son navire emblématique, le Rainbow Warrior, Greenpeace entame une tournée publique tout autour de cette île du nord de l'Atlantique. A cette occasion, Greenpeace fait une offre au gouvernement islandais lui permettant de restaurer sa réputation salie auprès de l'opinion internationale et de sauver les baleines de la planète.
"Greenpeace fera le lien entre les habitants du monde entier et les
Islandais qui veulent protéger les ressources naturelles de l'île. Nous
encouragerons nos adhérents et le grand public à choisir l'Islande et l'éco-tourisme
pour leurs vacances" a déclaré Frode Pleym, le porte-parole de Greenpeace
en Islande, lors d'une conférence de presse à bord du Rainbow Warrior, à
Reykjavik aujourd'hui (1). En contrepartie, Greenpeace demande au gouvernement
islandais de renoncer à la chasse baleinière, qui prévoit en ce moment de tuer
38 petits rorquals, d'annoncer publiquement que la chasse prétendument
scientifique ne reprendra jamais sous un quelconque prétexte, et de retirer ses
réserves quant à l'interdiction mondiale de la chasse commerciale.
"Le
gouvernement islandais essaie de justifier sa chasse baleinière par des
"motivations scientifiques" mais c'est ni plus ni moins qu'un suicide
économique. Le tourisme baleinier est aujourd'hui au centre d'une vaste
industrie éco-touristique qui n'est dépassée en importance que par l'industrie
islandaise de la pêche. Nous commençons déjà à voir des touristes qui annulent
des voyages en Islande à cause de la chasse baleinière" a souligné Frode
Pleym.
Le marché de la viande et du blanc de baleine ne constitue en rien une
alternative à celui du tourisme. La viabilité économique du commerce de blanc de
baleine est incertaine car le marché national islandais est très petit et le
seul marché à l'exportation envisageable est le Japon, qui reste fortement
incertain en raisin de la toxicité avérée des tissus des baleines (4).
"Cela
prouve que le gouvernement islandais n'a aucune raison légitime de relancer la
chasse à la baleine. L'argument selon lequel il est nécessaire de contrôler les
stocks de petits rorquals pour protéger les morues est un argument
pseudo-scientifique fallacieux utilisé par le gouvernement pour mettre l'opinion
publique de son côté" a déclaré Frode Pleym (2).
En 1978, le premier voyage du Rainbow Warrior a emmené le navire emblématique de
Greenpeace en Islande pour s'opposer à la chasse baleinière qui menaçait de
mener le plus grand des mammifères de la planète à l'extinction. Aujourd'hui,
sept des treize espèces de grands cétacés sont encore menacées, les autres
tentent toujours de se remettre de la surexploitation qu'elles ont subie.
L'objectif de la tournée 2003 du Rainbow Warrior 2 est d'entamer un dialogue
avec la population locale et l'industrie du tourisme islandais, pour apporter
aide et soutien à l'opposition au projet du gouvernement islandais.
"Nous
proposons aux Islandais de construire une société écologique tournée vers
l'avenir alors que le gouvernement islandais garde les citoyens prisonniers
d'une tradition non-durable. La chasse baleinière fait partie du passé de
l'Islande. On ne peut la laisser compromettre l'avenir de ce pays au fort
potentiel touristique" a déclaré Yannick Jadot, Directeur des campagnes de
Greenpeace France.
(1) - Le soutien des citoyens à Greenpeace continue de croître. Son budget total
était de 165 millions d'Euros en 2002 pour 2,8 millions d'adhérents.
(2) - On estime qu'une dizaine d'entreprises de tourisme baleinier ont été
créées en Islande ces dix dernières années, générant 8,5 millions de dollars
étasuniens en 2001. La chasse commerciale a généré entre 3 et 4 millions de
dollars entre 1986 et 1989 (AP, 5 juin 2003).
(3) - Les associations japonaises de consommateurs indiquent une concentration
moyenne en PCB de 3,8 ppm dans les petits rorquals de l'Atlantique Nord-Est. Les
niveaux maximums prévus par la réglementation japonaise pour les PCB dans les
produits marins est bien inférieure : 0,5 ppm...