
Le Japon a perdu jeudi sa bataille décennale pour la reprise de la chasse
commerciale à la baleine lors de la réunion annuelle de la Commission baleinière
internationale (CBI), mais a ouvert un nouveau front en remettant en cause le
quota de pêche accordé aux populations autochtones d'Alaska et du Nord-Est de
la Russie.
Une motion déposée par le Japon pour abolir le moratoire international sur la
pêche commerciale, en vigueur depuis 1985, a été rejetée par 25 voix contre
et 16 pour alors qu'il fallait une majorité des trois quarts pour qu'elle soit
adoptée.
«C'est une très bonne nouvelle», a déclaré le biologiste Vassili
Papastavrou, du Fond international pour le bien-être animal, présent à la réunion
qui a débuté lundi dans la ville de Shimonoseki (sud du Japon) et se termine
vendredi. «Cette proposition japonaise était une attaque pernicieuse contre 30
ans de conservation des baleines. Il y avait dans ce texte des propositions cachées
pour abolir les sanctuaires et permettre la chasse illimitée par tout pays
voulant les harponner», a-t-il dit.
Un haut responsable de la délégation japonaise, Masayuki Komatsu, a affirmé
qu'il n'était pas déçu en dépit d'une série d'échecs du Japon ces derniers
jours. «Nous avons de plus en plus de pays qui nous soutiennent même s'il nous
en faut plus», a estimé le délégué nippon, en déplorant le départ de la délégation
islandaise, qui s'était vue refuser le droit de voter pour la deuxième année
de suite.
Mais la réunion de jeudi a été marquée surtout par le rejet, la veille lors
d'un vote, sous l'impulsion du Japon, du renouvellement normalement quasi
automatique des quotas «de subsistance aborigènes» qui permettent aux
habitants de l'Alaska et du nord de la Russie d'attraper 280 baleines franches
boréales sur cinq ans.
Le Japon a avancé des arguments scientifiques pour justifier son rejet, mais
son opposition aux quotas aborigènes a été interprétée comme une représaille
après le refus (par vote) mardi en assemblée plénière de l'instauration d'un
quota de 50 rorquals par an pour quatre zones côtières japonaises en difficulté.