
Le policier Jean Beaudoin de la Sûreté du Québec (SQ) n'a pas pris toutes les
précautions requises quand il a abattu un chien qui venait de mordre deux
enfants dans la cour d'une école de Mont-Laurier, estime un comité de déontologie
policière.
Dans un tel cas, une directive de la SQ stipule que le policier doit utiliser
son arme en dernier recours pour abattre un animal blessé ou dangereux. Il lui
faut au préalable demander à un vétérinaire ou à un agent de conservation
de la faune de le faire ou encore recourir au service de protection des animaux
pour que l'animal soit transporté vers une clinique vétérinaire.
«Non seulement le caporal Beaudoin a manqué de jugement et de
professionnalisme, mais il a, au surplus, omis complètement de respecter la
directive s'appliquant à ce cas. Son intervention a causé des souffrances à
l'animal en présence de sa propriétaire», note Me Jacques Monette du comité
de déontologie policière.
Dans cette affaire, la propriétaire du chien avait donné son accord pour qu'il
soit abattu. Elle a cru que les morsures étaient graves du fait que les enfants
avaient été conduits à l'hôpital. Elle craignait d'être poursuivie par les
parents.
Les faits révèlent que l'agent Beaudoin a abattu l'animal juste à côté de
la résidence de la propriétaire, de sorte que les coups de feu ont été
entendus dans tout le quartier alors qu'il n'y avait pas d'urgence, souligne Me
Monette.
Celui-ci signale que le policier est tenu de voir à ce que l'abattage se fasse
«de façon sécuritaire et humanitaire».
«Dans le présent cas, le chien gisait dans son sang après avoir été traversé
par trois balles alors que le policier téléphonait au vétérinaire.
«En ne s'informant pas avant, en ne respectant pas la directive applicable et
en agissant comme il l'a fait, le caporal Beaudoin a infligé des souffrances
inutiles au chien», poursuit Me Monette.
Il note également qu'après la première balle, le chien s'est échappé et que
la deuxième balle a été tirée alors que l'animal tentait de monter un
escalier.
«Un tel geste était dangereux, car le policier tirait sur un animal en
mouvement qui se trouvait plus haut que le sol, dans un escalier», peut-on lire
dans la décision.
«Une telle manoeuvre démontre un manque certain de prudence et de discernement»,
fait valoir le comité.
Me Monette signale finalement que le policier a exagéré la gravité des
blessures subies par les enfants, mais pas au point de conclure que les
informations étaient fausses au point de constituer un manque de probité.
«Le policier pouvait avoir des motifs de croire que le chien était atteint de
rage», ajoute Me Monette.