Europe : les lois en vigueur
Peu à peu, les pays de l'Union adoptent des législations visant à mettre un terme à l'activité de ces fermes. L'Autriche et le Royaume-Unis ont interdit l'élevage des animaux à fourrure, les Pays-Bas et la Suède abolissent progressivement les élevages depuis avril 1998. Quatre länder allemands (la Bavière, la Hesse, la Rhénanie-du-Nord-Westphalie et le Schleswig-Holstein) imposent des règles strictes pour les fermes à fourrure. Le Bundesrat (la chambre des représentants des Länder) a appelé le gouvernement fédéral à mettre en place une réglementation similaire en matière d'élevage d'animaux à fourrure pour toute l'Allemagne. En Suisse (pays non membre de l'Union), la législation interdit l'élevage intensif des animaux à fourrure. En Croatie, au 1er janvier 2017, l'élevage des animaux pour leur fourrure sera définitivement interdit.
En France, la Fondation 30 Millions d'Amis a obtenu l'interdiction des peaux de chiens et chats en 2006 et l'extension de cette interdiction à l'Europe au 31 décembre 2008. Mais il reste une quarantaine d'établissements dans l'Hexagone dédiés à l'élevage d'animaux à fourrure en particulier de visons (plus précisément des visons Américains, plus gros que le vison européen).2 Et même si la loi prévoit une surveillance vétérinaire et une obligation de prendre en compte le "bien être" des animaux qu'ils utilisent, ces établissements échappent à tout contrôle en la matière car les textes ont omis de préciser par quel(s) organisme(s) ils doivent être effectués. En Norvège, le conseil éthique de l'agriculture a statué que l'élevage des animaux à fourrure dans l'état actuel est inacceptable pour le bien-être animal et une nouvelle législation doit entrer en vigueur dès le 1er janvier 2009.
Les chiffres
Combien d'animaux pour un manteau ?
Pour réaliser un beau manteau il faut compter pour chaque espèce :
Renards polaires : 15 à 24
Renards roux : près de 20
Ratons laveurs : 27 à 30
Loups : 3 à 10
Lynx : 12 à 15
Agneaux : plus de 30
Castors : une quinzaine
Coyotes : une quinzaine
Loutres : 20 à 30
Opossum : près de 50
Rats musqués : près de 50
Visons : 30 à 80
Hermines : 150 à 240
Voilà pour les chiffres et les lois. Reste leur application. Or aujourd'hui, où que ce soit dans l'UE, rien ne permet d'assurer que les fermes d'élevage d'animaux à fourrure respectent à la lettre les conditions du bien être animal qui leur ont été imposées. Au début du mois de novembre 2008, l'association norvégienne "Réseau pour la Liberté Animale" soucieuse de la stricte application de la loi est allée enquêter sur l'état des fermes d'élevage à travers tout le pays. Le rapport rendu est... calamiteux ! Armés d'une caméra, les enquêteurs de l'association ont filmé les exploitations et les conditions de détention des animaux dans 120 des 500 fermes que compte le pays, soit 20% de la totalité des établissements nationaux. Pour visionner la vidéo des enquêteurs, cliquer ici...
Quels animaux sont élevés ?
L'animal le plus représenté dans les élevages de fourrure est le vison. Viennent ensuite les renards, les chinchillas, les lynx, les hamsters et les lapins. 64% de ces fermes se situent en Europe du Nord, 11% en Amérique du Nord, les 25% restants se répartissant dans toutes les régions du monde de l'Argentine à la Russie. Les éleveurs de visons font habituellement se reproduire les visons femelles une fois par an. Pour chaque portée, seuls trois ou quatre petits sur 15 survivent. Ils seront tués six mois plus tard juste avant l'hiver. Les visons destinés à la reproduction sont gardés en vie de quatre à cinq ans soit moitié moins que leur espérance de vie en milieu naturel. Les animaux, entassés dans des cages extrêmement petites vivent dans la peur, le stress, la maladie, les parasites, les souffrances physiques et psychologiques.
Un habitat contre nature et polluant
Le vison fait partie de la famille des mustélidés (martres, hermines, belette, fouine, putois ou furet). Comme tous ces animaux, il creuse un terrier, apprécie l'eau, son régime est celui des carnivores et son comportement celui d'un chasseur. Elevé dans des cages dont le sol n'est pas plus large qu'une feuille de papier A4, il développe des troubles comportementaux dont les issues sont l'automutilation, des morsures compulsives de la peau, de la queue et des pattes. Les cas de cannibalisme générés par la surpopulation de ces bêtes qui, à l'état sauvage vivent en solitaire, touche jusqu'à 50% de la progéniture.4 Ces animaux d'élevage sont nourris de sous-produits animaux considérés comme impropres à la consommation humaine. Un vison d'élevage produit environ 88 kilos d'excréments par an. Si l'on multiplie ce nombre par celui de visons dépecés en France sur l'année 2007, soit 180 000, on obtient 15 840 tonnes de lisier, ce qui représente 264 tonnes environ de phosphore, l'un des pires polluants des écosystèmes aquatiques.
Mise à mort
Aucune loi, nulle part dans le monde, n'impose une mise à mort digne pour les animaux à fourrure. Les méthodes employées vont de l'asphyxie au gaz carbonique, à l'électrocution génitale (une électrode dans la bouche, l'autre dans l'anus), en passant par la pendaison, l'empoisonnement à la strychnine, l'injection de désherbants, d'alcool à 90°, de pesticide dans les veines ou encore la rupture de la nuque. "Si la fourrure est belle c'est que les conditions d'élevage et d'abattage ne sont pas si terribles qu'on voudrait nous le faire croire", se défendent les fourreurs. Facile à dire lorsque aucune équipe télé n'est autorisée dans l'enceinte de ces fermes, quelque soit le pays et que les photographes, journalistes, ou autres "animaux fouineurs" sont systématiquement refoulés. Aucun contrôle vétérinaire ni gouvernemental n'est d'ailleurs obligatoire. Le seul souci des éleveurs étant de préserver la qualité de la fourrure, avant de la prélever, peu importe les conditions dans lesquelles l'animal est tué, lorsque celui-ci est tué...
Se retrancher derrière "la fourrure d'élevage" ?
Mauvaise idée ! Evidemment, quand le consommateur entend parler de "fourrures d'élevage", il pense légitimement qu'il n'y a pas de mal à les porter puisque les animaux dont elles sont issues proviennent d'animaux élevés spécialement à dessein. C'est vrai... C'est faux aussi... Aucune étiquette ne permet de déterminer précisément d'où vient la fourrure portée. A savoir, si elle est issue d'animaux d'élevage, d'animaux piégés, de braconnage, de vente illégale ou de vente contrôlée.
Aucune étiquette ne permet non plus de déterminer précisément quelle est l'espèce qui a servi à faire la fourrure. C'est ce flou qui a permis aux fourreurs et pelletiers, pendant des années, de faire passer des peaux de chiens et de chats de chine pour du lapin. Pour en savoir plus, cliquer ici.... Même, si, pour ceux qui connaissent un tant soit peu les animaux, le lapin est "rarement" tigré... Par ailleurs, aucun élevage, où que ce soit en Europe ou dans le monde ne répond à l'obligation du respect du "bien être animal". Libre donc à chacun de porter de la fourrure, mais en ayant pleinement conscience de la provenance, du nombre, de la nature des animaux nécessaires à la confection de qui son manteau, qui sa veste, etc...
Certains consommateurs qui se "contentent" d'un simple ornement en fourrure (tour de gants, col, écharpe) s'arrangent avec leur conscience en étant persuadés que ce sont des "chutes". Erreur : 90% des renards tués pour leur fourrure dans le monde le sont pour produire ces petites pièces, comme l'explique Reha Hutin, Présidente de la Fondation 30 Million d'Amis lors d'un entretien accordé à France Info. Pour écouter l'entretien, cliquer ici... La meilleure solution c'est encore de ne pas porter de fourrure. Ou à défaut, de se rabattre sur la fourrure synthétique dont les qualités d'imitation ne sont plus à prouver. Sachant que, côté mode, le nombre d'enseignes qui refusent d'inclure de la fourrure dans leurs lignes de prêt-à-porter ne cesse d'augmenter, cliquer ici...
Tant qu'à faire, autant être écolo jusqu'au bout, puisqu'une étude de la compagnie Ford Motors, aux Etats-Unis - reprise par The Independant en novembre 2004 - a démontré qu'il fallait 66 fois plus d'énergie pour réaliser un manteau en fourrure d'élevage qu'un manteau en fourrure synthétique. Un drôle de pavé dans la marre à pétrole !
Source : Fondation 30 Millions d'amis
Le Dalaï-Lama se prononce contre la tauromachie
Le chef spirituel tibétain, membre du conseil de l'ONU, à exprimé ses encouragements à la Catalogne dans une lettre remise au parlement régional. Il y invite les députés à continuer leur lutte pour interdire définitivement la corrida dans leur région.
La Fondation se mobilise après le passage de Xynthia
Suite au passage de la tempête Xynthia, la Fondation 30 Millions d'Amis a immédiatement pris contact avec les refuges des départements touchés afin d'évaluer les dégâts et le cas échéant subvenir à leurs besoins immédiats pour nourrir, reloger les animaux, voire apporter un soutien matériel afin d'effectuer les premières réparations de fortune.
Nombre de signatures depuis le 09/12/2006 : 13451