Peter Pueschel, Directeur de programme Faune sauvage & Habitat d’IFAW (le Fonds international pour la protection des animaux – www.ifaw.org), principale organisation de protection des éléphants, et l'un de ses représentants à la CITES, a pris la parole pour s’opposer à la désignation de la Chine. "... Autoriser une nouvelle importation d'ivoire en Chine stimulera la demande. Elle créera des failles permettant de blanchir l'ivoire illicite sur le marché intérieur légal. Ces ventes à destination des Chinois ou des étrangers pourront ainsi s’effectuer soit en magasins ou en ligne," ajoute P.Pueschel.
Au cours de son intervention, il a cité plusieurs statistiques extraites du compte-rendu de sondage sur le commerce de l'ivoire en Chine réalisé par IFAW en 2007, qui souligne le peu d’intérêt des Chinois et leur manque de volonté pour le contrôle de l’ivoire. Selon ce rapport, parmi les 14,5% de personnes qui admettaient réellement être des acheteurs d'ivoire, 75,7% seraient prêts à enfreindre le système de contrôle pour obtenir de l'ivoire à un prix plus bas.
Au début du mois, à Mombasa, au Kenya, 18 pays de l'aire de répartition de l'éléphant d'Afrique se sont réunis pour la deuxième session de la Coalition pour l'Éléphant d'Afrique (AEC). Ils ont examiné les raisons pour lesquelles la Chine était inadaptée en tant que partenaire commercial pour les immenses ventes d'ivoire. Tous les pays sont convenus que la Chine ne devrait pas être désignée.
Michael Wamithi, Directeur IFAW du programme global Éléphants et ancien directeur du Kenya Wildlife Service, a suivi de près les débats de cette réunion. Il a également le sentiment que la Chine ne devrait en aucun cas être acceptée. On estime à 20.000 le nombre d'éléphants massacrés chaque année pour leurs défenses. Le braconnage a atteint un niveau qui dépasse de loin tout ce qui a été constaté depuis l’embargo initial sur le commerce de l'ivoire décidé en 1989. Les états de l'aire de répartition de l'éléphant d'Afrique n'ont évidemment pas la capacité ou les ressources pour combattre ces attaques massives sur le patrimoine faunique de leurs pays et les marchés chinois florissants ne font qu'alimenter ces menaces. Il est de notre devoir, en tant que société civile, d'intervenir et de réduire ces inégalités. "Le Comité Permanent ne tient visiblement pas compte des marchés nationaux chinois, qui ne sont plus maîtrisés. Le commerce international de l'ivoire ne peut tout simplement plus être justifié par un gain perçu à court terme. Non seulement les éléphants sont une espèce fondamentale, mais en Afrique le tourisme repose sur leur existence. Jouer avec ce fait est jouer avec les moyens d'existence des habitants de ces pauvres états africains," poursuit P.Pueschel.
Avant la décision prise mardi, le Japon était le seul pays qui soit approuvé par la CITES en tant que partenaire commercial pour ces stocks d’ivoire, alors qu'il est largement prouvé que son marché intérieur n'est pas maîtrisé. Ce sera la deuxième vente internationale d'ivoire autorisée en près de vingt ans depuis l'embargo de la CITES en 1989.
En 1989, l’éléphant d'Afrique a été inscrit en Annexe I de la CITES, ce qui interdit effectivement tout commerce international des éléphants et de leurs produits dérivés, notamment l'ivoire. Cette disposition a été révisée en 1997 et certaines populations ont été déclassées en Annexe II, ce qui permet des échanges commerciaux avec autorisation spéciale de la CITES.
Il y a un an, une suspension d'au moins neuf ans du commerce international de l'ivoire d'éléphant a été approuvée lors de la 14ème Conférence des Parties de la CITES, prenant effet une fois que les ventes des stocks d'ivoire seront effectuées.
Source : IFAW
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