Une espèce sur deux est menacée en Suisse. Jusqu´à présent, la Suisse n’a pas jugé bon d’endosser sa responsabilité internationale quant à la biodiversité. Le WWF et l'Association Suisse pour la Protection des Oiseaux ASPO/BirdLife ont donc déposé une plainte contre notre pays auprès du Conseil de l´Europe à Strasbourg.
La neuvième conférence internationale relative à la protection de la nature débute le 19 mai à Bonn. Les 190 parties contractantes, représentant les pays du monde entier, cherchent de concert des mesures visant à stopper la pollution persistante, ainsi que la destruction de la diversité biologique. Le conseiller fédéral Moritz Leuenberger participe également à la conférence. Ce dernier devrait pourtant déjà avoir du pain sur la planche dans son pays puisque, depuis des années, la Suisse omet d’appliquer les accords internationaux sur la biodiversité.
En 1989, dans le cadre de la convention relative à la conservation de la vie sauvage et du milieu naturel de l'Europe (Convention de Berne) et de son programme de protection de la nature, le réseau Emeraude, notre pays s’est effectivement engagé, à l´échelle européenne, à protéger les habitats menacés ainsi que leurs espèces animales et végétales. Jusqu’à ce jour, peu a cependant été réalisé pour désigner des sites du réseau Emeraude en Suisse. C´est pour ces raisons que le WWF et l’ASPO/BirdLife Suisse ont déposé une plainte auprès du Conseil de l´Europe à Strasbourg. Cette dernière se base sur les points suivants:
- Au lieu de veiller à travailler dans un esprit de collaboration internationale, la Suisse délègue la responsabilité de la désignation des sites du réseau Emeraude aux cantons. La Suisse surseoit ainsi à un principe fondamental du traité international.
- Jusqu’à présent, la Confédération n’a annoncé aucun site suisse du réseau Emeraude à Strasbourg. La désignation en cours de quelques sites s’apparente plutôt à un exercice alibi, car les zones proposées sont déjà protégées au niveau cantonal ou national. Une étiquette Emeraude supplémentaire n’apporterait aucun bénéfice supplémentaire pour le milieu naturel suisse et européen. Or, certaines zones ont besoin d’une protection urgente.
Ces manquements sont d’autant plus graves si l’on observe le recul drastique de la biodiversité en Suisse. Le pays abrite environ 40 000 espèces et plus d´une sur deux est menacée à des degrés divers. Concrètement: une plante sauvage sur trois, 40% des oiseaux et 95% des amphibiens sont rares ou menacés. Grâce à cette plainte, l’ASPO/BirdLife Suisse et le WWF espèrent rappeler la suisse à ses devoirs et ses engagements et faire de la préservation de la biodiversité un point essentiel de la mission de la Confédération.
Source : WWF