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Inauguration de l’élevage d’outardes canepetières à la réserve animalière de la Haute-Touche





La réserve animalière de la Haute-Touche à Azay-le-ferron (36), établissement du Muséum national d’Histoire naturelle, a le plaisir de vous convier, le 10 juin prochain, à l’inauguration par Nathalie Kosciusko-Morizet, Secrétaire d’Etat chargée de l’écologie, de l’élevage d’outardes canepetières en vue de restaurer les populations migratrices.

Cette inauguration se fera en présence du Directeur Général du Muséum, Bertrand-Pierre Galey et du Président de la LPO (Ligue pour la Protection des Oiseaux), Allain Bougrain Dubourg. Le déclin spectaculaire de l’outarde canepetière dans son milieu naturel L’outarde canepetière (dont le nom vernaculaire vient du chant du mâle qui émet un court « prret » au moment des amours d’où la cane-petière) est une espèce protégée inscrite à l'annexe 1 de la Directive Oiseaux et à l'annexe 2 de la Convention de Berne. Son statut de conservation est jugé défavorable en Europe. En France, c'est l'espèce qui a connu le déclin le plus spectaculaire durant ces 30 dernières années. Elle est au bord de l'extinction et a disparu de plus de 10 régions tandis que ses effectifs comptent aujourd’hui seulement environ 3 000 individus ! Les causes principales de la disparition de l’outarde canepetière résident dans la dégradation des habitats favorables à l'espèce, provoquée par l'intensification agricole. Les paysages en mosaïque disparaissent ainsi au profit de grandes étendues en monoculture. De plus, l’utilisation de pesticides et les travaux agricoles occasionnent souvent la destruction des nids et des poussins.

Pour enrayer cette situation critique, des programmes d'action ont été engagés en France, notamment dans les plaines cultivées.
L'espèce a fait l'objet d'un plan de restauration nationale (2002-2006), animé par la LPO, sous l’égide du Ministère de l’écologie. Plusieurs opérations de sauvegarde d’urgence, coordonnées par la LPO et le Centre d'études biologiques de Chizé (unité propre du CNRS) ont été mises en place, avec pour principal objectif la protection ou la restauration des habitats de reproduction.

Face au risque important d'extinction de l'espèce dans les espaces cultivés du centre ouest, le renforcement de la population est apparu comme une stratégie essentielle de conservation. Un programme LIFE Nature (2004-2009) financé par la Commission européenne et soutenu par le ministère de l'écologie, la Région Poitou-Charentes et le Conseil Général des Deux-Sèvres, a donc été mis en œuvre. Ce programme est placé sous la responsabilité de la LPO en partenariat avec le Muséum national d'Histoire naturelle et la Société Espagnole d'Ornithologie (les outardes hivernent en Espagne). Le suivi scientifique global est assuré par le CNRS de Chizé.

Ce programme vient compléter la stratégie de restauration du milieu favorable à l'espèce en plaines céréalières. Cette stratégie a notamment consisté à la mise en place d’un centre d'élevage de poussins, géré par la LPO, à Sainte Blandine (Deux-Sèvres). Deux types de poussin sont élevés dans ce centre. La majorité est directement relâchée dans la nature et les autres forment le socle fondateur de l'élevage conservatoire sur le site de la réserve animalière de la Haute-Touche dans l’Indre.

Parallèlement, un centre d’élevage reproducteur a vu le jour au Parc de la Haute-Touche. Seize volières de type « serre-tunnel » et vingt volières individuelles ont déjà été construites. Huit grandes volières supplémentaires, qui pourront accueillir 60 reproducteurs, seront installées à l’automne prochain.

C’est en raison du savoir-faire du Muséum national d'Histoire naturelle dans le domaine de la conservation ex-situ (en dehors du milieu naturel), que la réserve de la Haute-Touche a été choisie. En plus de ses missions de gestion et de conservation d'espèces animales (pour la plupart menacées d'extinction), de ses actions culturelles et éducatives de diffusion de la culture scientifique et d’éducation à l'environnement, ce centre est aussi un laboratoire de recherche en biologie de la reproduction équipé des infrastructures les plus modernes.

Deux méthodes d'élevage des outardes ont été expérimentées. La première, classique, consiste à former les couples dans les volières. Seize couples ont ainsi été installés en 2008. La seconde est basée sur l'insémination artificielle : mâles et femelles sont isolés dans des petites volières et la semence des mâles est récoltée deux fois par semaine. En préalable à la collecte, les mâles sont invités à s’accoupler avec une femelle naturalisée pour recueillir leur semence. Pour ce faire, les oiseaux sont élevés en contact étroit avec l'homme et une certaine imprégnation est maintenue en vue de cette opération quelque peu délicate !

A partir d'une cinquantaine de fondateurs prélevés à l'état d’œuf en 2004-2008, on espère être en mesure de produire un minimum de 100 poussins par an dès 2009 afin de poursuivre le renforcement de population commencé il y a trois ans grâce à des œufs produits en captivité et à des œufs prélevés dans la nature. Les poussins ont été élevés à Saint Blandine par l'équipe de la LPO. Cet élevage conservatoire constitue également une sauvegarde en cas de catastrophe naturelle ou d’échec des mesures agro-environnementales qui entraînerait l'extinction de la dernière population migratrice de France.

Des résultats prometteurs (96 outardes ont déjà été relâchées et sont majoritairement suivies par des émetteurs ou des balises Argos) permettent de mieux connaître la biologie de cette espèce afin de mieux la protéger in situ.

Source : LPO

2008-06-06 14:10:00


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