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Ours dans les Pyrénées : la justice relaxe les tueurs d’ours !





Rappelez-vous, c’était le 1er novembre 2004. La France apprenait que l’ourse Cannelle avait été abattue par un chasseur lors d’une battue au sanglier. C’est aujourd’hui, le 21 avril 2008, que la justice a rendu son verdict et a relaxé René Marquèze, le chasseur responsable de la mort de la dernière femelle de souche Pyrénéenne. L’annonce de Jacques Chirac qui qualifiait, ému en Conseil des Ministres, que « la disparition de Cannelle est une grande perte pour la biodiversité en France et en Europe » n’aura donc pas suffit. Cette décision de justice ne nous étonne malheureusement pas. L’Etat n’est d’ailleurs pas directement responsable de cette décision... Mais il l’est indirectement. Pourquoi ?

Depuis des années, la gestion de l’ours en France est devenu un combat politique. Nous avons déjà dénoncé à plusieurs reprises les z’élus locaux qui servent la soupe populiste (et non populaire) et se forgent un nom sur leur combat anti-ours. Défenseurs de la brebis libre et de l’agneau de montagne, Augustin Bonrepaux et Jean Lassalle en tête ont réussi à déplacer des montagnes et à déclarer la guerre à l’ours. Avec le butin en or massif de l’IPHB, association qui était censée apaiser les tensions entre l’homme et l’animal, ce sont les associations dites ultra-pastorales qui ont vu le jour. Perturbation des lâchers, saccage des communes pro-ours, grands organisateurs de manifestations et de battues anti-ours sous l’œil avisé des journalistes de tous poils, la guerre contre l’ours était déclarée, malgré les aides du plan ours faramineuses versées au pastoralisme pour soutenir cette activité.

Mais qui garde les troupeaux ? Pourquoi ne pas mettre en place des moyens de protection ? Tout simplement, l’ASPAP vous le dira, parce que la cohabitation est IMPOSSIBLE ! Voyez le bel exemple de l’AOC Barèges-Gavarnie qui, sous prétexte de tradition, ne peut pas parquer ses troupeaux ! Etonnant quand on apprend que « "La tradition jusqu’en 1960 était de garder les brebis par des bergers avec des chiens (patous, borders collies ou labrits), également en Pays Toy. Ce n’est que récemment que les pratiques ont changé et 40 ans ne font pas une tradition. Le cahier des charges de l’AOC (Agneau du pays Toy) indique que les animaux doivent être élevés à l’herbe, il ne dit pas que les animaux doivent être libres sans surveillance. Le cahier des charges ne précise pas non plus qu’on n’ait pas le droit de rassembler les animaux tous les soirs."

Mais là, je m’égare... avant de revenir à la responsabilité de l’Etat dans le verdict qui nous intéresse, je me permets de vous rappeler quelques affaire précédentes.

1994, l’ourse Claude est abattue par deux chasseurs. A l’époque, il semble que la justice était beaucoup plus ferme envers les destructeurs d’espèces protégées. Le 16 février 1999, quatre ans après les faits, le tribunal correctionnel de Pau condamnait Alain Cedet et André Apiou (âgés respectivement de 41 et 79 ans) à une amende de 10.000 francs chacun, plus 39.252 francs de dommages et intérêts de frais de procédures, ainsi que d’un retrait du permis de chasse pour une durée de 5 ans.

1997, l’ourse Mellba est abattue par un jeune chasseur. En plaidant l’état de nécessité (légitime défense), il bénéficie d’un non lieu.

2004, l’ourse Cannelle est abattue par un chasseur (René Marquèze). En plaidant la légitime défense, il bénéficie d’un non lieu. Sous la pression des associations de protection de la nature, qui pensent que Cannelle vaut bien un procès, le parquet général demande que René Marquèze, le chasseur qui a tiré sur le plantigrade, soit jugé en correctionnelle. Le verdict prononcé ce jour annonce la relaxe du chasseur ; l’état de nécessité est validé.

Rappelons également que l’autopsie de Papillon, mort de vieillesse, avait révélé la trace d’une décharge de plombs dans son corps. Palouma, morte accidentellement en août 2006 suite à une chute, avait été victime de battues illégales pour la chasser de son territoire. Franska, tuée accidentellement par une voiture le 9 août 2007, avait subi les mêmes battues illégales, et l’autopsie de sa dépouille avait révélé qu’elle était criblée de plombs avant son accident... et nos plaintes n’ont rien donné (pas même un courrier des tribunaux saisis).

Tuer un ours est pourtant un délit (art. 415.3) qui peut valoir à son auteur 9.000 euros d’amende et 6 mois de prison... mais pas en France apparemment.

Source : AVES

2008-05-03 10:40:00


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