En concédant 11% d'augmentation au quota du cabillaud de la mer du Nord, sans mesures concrètes pour réduire le volume spectaculaire des rejets générés (poissons à faible valeur commerciale capturés puis rejetés à la mer), les ministres de l'UE ont encore une fois bafoué leur engagement à rétablir les stocks de cabillaud de mer du Nord.
S’adossant aux premiers signes de redressement du stock, ils se sont mis d'accord sur un quota de 22000tonnes. Sans amélioration de la sélectivité des engins de pêche, les niveaux de rejet resteront élevés, et le renouvellement de la population sera délicate au vu du grand nombre de jeunes poissons capturés. Avec une telle hypothèse, le stock de la mer du Nord sera condamné à revenir à des niveaux dangereusement bas et se rapprochera de l'effondrement, déjà constaté par le passé au Canada.
"Avec la décision d'aujourd'hui, les ministres de la pêche restent aveugles au gaspillage issu de ces pratiques de pêche. Il est incroyable que les erreurs du passé soient encore répétées", dit Carol Phua, responsable Pêche au WWF Europe. "Le Conseil des ministres de l'UE a eu l'occasion d'assurer le rétablissement du cabillaud de la mer du Nord, mais il a laissé passer cette chance en raison de la pression de l'industrie et des intérêts à court terme de leurs gouvernements."
La décision d'augmenter les quotas de cabillaud en mer du Nord a fait tâche d’huile. Les stocks de la mer d'Irlande, de l'Ouest de l'Ecosse et du Kattegat, ont vu eux aussi leur quota augmenter de 8 à 18%, en dépit de l’avis des scientifiques qui conseillaient de ne pas pêcher de cabillaud dans ces zones.
Source : WWF